1. Première photo : Lena endormie sur la table.
La première des photos montre Lena endormie devant son assiette, la tête dans les bras. Ses cheveux, très sombres, sur lesquels sont calées ses lunettes de soleil, sont lâchés. Elle porte un blue-jean et un sweat bleu clair aux épaules noires. Une serviette en papier rouge vermillon, pliée en quatre, est posée sur une grande assiette. Placée par-dessus, une petite assiette est entièrement recouverte par une serviette de tissu orange criard. Celle-ci est en équilibre et forme un triangle en 3D. Les verres (une coupe de champagne et un verre à eau) sont vides.
OK. Le dîner n'est même pas commencé ! Alors expliquez-moi pourquoi les commentateurs expliquent qu'elle s'est endormie parce qu'elle était bourrée ! Si Lena dort, c'est parce que le repas eut lieu après un concert. Or Lena fait de l'hypertension et elle s'endort systématiquement après les concerts, totalement épuisée (quand elle ne tombe pas dans les pommes !).
Arrêtons-nous ensuite sur les couleurs. Elles sont stridentes, rendues agressives par la lumière, et il n'y a aucun dégradé [1]. L'ensemble que forment l'assiette, la nappe devant, le visage et le bras de Lena est totalement illuminé, comme si un spot avait été dirigé sur cet angle. De fait, la réverbération est si forte que la nappe et la manche de Lena ressortent d'un blanc éclatant alors qu'elles sont bleu clair du côté non éclairé. Cette extrême luminosité efface, en effet, la teinte bleu pâle tandis que le blanc flashe tel un néon.
En revanche, cette luminosité, manifestement artificielle, rend écarlates toutes les teintes rouges. Ainsi, la serviette de papier vermillon paraît sanglante. De même, la teinte orange de la serviette en tissu est perçante, entrecoupée d'amas blancs, car la couleur, une fois encore, est mangée par la réverbération. Quant au visage de Lena, il est entièrement cramoisi. Il le semble d'autant plus que, là où devraient apparaître des ombres, se trouvent uniquement des reflets blancs. Une remarque identique peut être faite à propos de sa main devant son visage. De la même manière, cette clarté violente place ses cheveux dans l'obscurité : du coup, ils sont presque aussi noirs que ceux de Yulia.
Dernière remarque : Yulia est absente de la photo. Il est impossible de savoir où elle est.
2. Deuxième photo : Yulia à table protégeant Lena endormie sur ses genoux.
La deuxième des photos est une photo où Lena et Yulia sont ensemble. Elle montre une assiette presque vide, une fourchette à poisson posée dedans à droite [2], comme brusquement abandonnée. Là aussi, il n'y a aucun dégradé. La luminosité est si éclatante que la chair blanche du poisson se confond avec la blancheur de l'assiette. En dehors de celle-ci, toujours du côté droit, il y a une saucière, posée sur une soucoupe, emplie d'une sauce apparemment crémeuse. Assiette, soucoupe, poisson, sauce et nappe, tous fusionnent en un même blanc flamboyant, douloureux pour les yeux. Un verre de coca, à moitié vide, avec une rondelle de citron, se trouve du côté gauche de l'assiette.
Il s'agit de l'assiette de Yulia, devant laquelle elle est assise. Lena, elle, est toujours endormie. Ses lunettes noires inlassablement calées derrière les oreilles, la jeune femme rousse [3] a posé en toute confiance sa tête sur les genoux et le ventre de Yulia. Elle est allongée, le dos sur la banquette, les mains sur le ventre nonchalamment posées l'une sur l'autre. Elle s'est installée du côté du cœur et l'on comprend pourquoi Yulia a placé à sa droite la saucière et sa fourchette : elle ne veut pas risquer de réveiller Lena ou de la heurter involontairement avec son coude.
Yulia, elle, est dans une curieuse position. Elle est penchée vers la droite, du côté de la main avec laquelle elle mange. Mais pour l'instant, cette main s'appuie sur la banquette. Son bras gauche, la main ouverte, est levé et plié devant elle, au niveau du menton, bien au-dessus de Lena afin de ne pas la percuter. Son visage et son regard sont dirigés vers le verre.
Le verre est à moitié rempli de coca-cola, dans lequel flotte une rondelle de citron. Ce n'est pas un verre à alcool. Pourtant, le commentaire persiste à prétendre que Yulia et Lena ont trop bu. Mais il n'y a pas d'alcool sur cette table. Il n'y a pas d'alcool.
Certes, le visage de Yulia est rubicond, pour ne pas dire écarlate, et la jeune femme est méconnaissable : les traits de son visage sont marqués et son nez n'est qu'une ligne blanche. Ce sont ces reflets, ainsi que ceux de sa main, qui montrent que les couleurs sont truquées. Ainsi, le côté extérieur de sa main est en pleine réverbération, comme son nez, alors que l'intérieur de la main et le visage sont vermillon. Ceci n'est possible que si la lumière a été poussée à son maximum. Le blanc étincelant de la table et des objets sur celle-ci le confirme.
Autre question : son bras replié est-il un mouvement parmi d'autres ou une tentative pour se protéger d'un paparazzi ? Il est facile en tous cas de reconstituer ses mouvements. Yulia mange de la main droite, comme l'atteste la fourchette posée du même côté. Sa main gauche repose sur Lena, sur ses cheveux ou sur sa poitrine, dans un geste tendre de protection. Lorsqu'elle veut boire, elle lève le bras gauche par dessus Lena et attrape le verre de coca en face. Mais là, son bras est replié devant elle, comme pour se cacher ou se protéger. La fourchette paraît avoir été posée sèchement dans l'assiette. Ses yeux, baissés, évitent complètement l'objectif (et le photographe par la même occasion), comme si elle en détournait la tête volontairement. Son visage est triste, crispé et tendu : elle vient juste d'être contrariée, intimement blessée. Une seule chose peut expliquer cette peine, ce bras devant son visage, ce désir de protection : la présence d'un paparazzi. La photo suivante confirmera cette hypothèse.
3. Troisième photo : Lena et Yulia s'embrassant.
La troisième des photos les montre s'embrassant, les yeux fermés, un baiser doux et profond. Je ne ferai pas de commentaire sur ce baiser amoureux. Ce fut déjà suffisamment difficile d'analyser les autres photos, que je considère comme appartenant à leur vie privée et donc, ne me concernant pas. Je ne l'ai fait que pour montrer que divulguer ces photos privées dans le domaine public avait un objectif unique : nuire aux deux jeunes femmes. Quelques remarques néanmoins pour vous prouver que c'est encore le cas ici.
Comme dans les autres photos, les cheveux de Lena sont trop sombres ; les quelques mèches blondes de Yulia, trop claires. Les autres couleurs, en particulier le rouge, semblent totalement artificielles et criardes. Le visage de Yulia est vermeil, comme congestionné, alors que celui de Lena alterne les tâches rouges et blanches. Le contraste entre les deux, puisque l'un est entièrement rouge et l'autre marbré, fait ressortir l'uniformité de la clarté des couleurs [4]. Cela les vieillit, en insistant sur des rides inexistantes qui auraient dû être des ombres. Cela les enlaidit aussi.
Cependant, cette troisième photo permet de reconstruire l'ordre chronologique dans lequel elles ont été prises. Mais l'on ne sait pas, bien sûr, quel était le photographe. Ce dont on peut être certain, c'est qu'une personne honnête aurait signé son œuvre.
La première est celle où Lena est seule, endormie sur la table. Elle attend Yulia, un peu en retard parce que cette dernière prend la peine, par respect pour les organisateurs de cette soirée en son honneur, de bien s'habiller. Yulia arrive enfin et Lena se réveille pour l'accueillir. Elles embrassent et c'est là qu'est prise la photo du baiser, qui s'avère finalement être la deuxième et non la troisième comme cela était présenté dans la plupart des forums [5]. Yulia s'inquiète à propos de l'hypertension de Lena et de la fatigue qu'elle engendre. Vous connaissez tous cette habitude qu'elle a dans les concerts, de regarder Lena dans les yeux et de lui caresser tendrement les cheveux, remettant parfois une mèche en place, afin de s'assurer que tout va bien. C'est ainsi que Lena s'allonge et s'endort contre elle. La jeune femme brune passe alors la soirée à faire attention, en mangeant, de ne pas réveiller ou heurter Lena. C'est la dernière photo que prendra le paparazzi avant d'être surpris : de fait, il n'y a pas d'autres photos (Elle correspond à la deuxième que j'analyse). Il me paraît difficile, dans ces conditions, de picoler : on ne peut pas à la fois se bourrer la gueule et éviter de heurter son amante endormie contre soi. Essayez, et vous verrez.
Vous allez me dire : « Ok, ok. Mais on ne peut pas changer toutes les couleurs d'une photo ! ». Bien sûr que l'on peut ! C'est même relativement facile, on peut même le faire une fois que la photo ait été prise. Je vais vous expliquer comment.
4. Des photos "saturées".
Comme nous l'avons remarqué, toutes les couleurs de ces photos sont excessives. Lorsque les couleurs d'une photo sont trop perçantes, on dit qu'il y a saturation. Cela signifie que les couleurs sont poussées à leur maximum de pureté : il n'y a plus de dégradé allant du clair au foncé. Cette technique photographique est extrêmement utilisée en publicité : c'est le truc qui permet de frapper le regard du futur consommateur. Originellement, on l'utilisait pour photographier les endroits sombres afin de faire ressortir la lumière et les couleurs.
Il y a deux moments où l'on peut saturer les couleurs d'une photo : lors de la prise de la photo ou lors du développement, au tirage. Pour saturer une photo pendant la prise, on peut ouvrir le diaphragme au maximum [6]. On peut aussi utiliser une vitesse lente afin que plus de couleurs arrivent sur le film. La saturation peut également se faire pendant le développement. En effet, les procédés techniques actuels permettent de créer cet effet de saturation au cours du tirage. Cela implique que la photo a pu parfaitement être bien prise, mais qu'au développement on peut obtenir : d'un côté, un tirage tout à fait correct ; de l'autre, un deuxième tirage où la photo est saturée et donc, déformée.
Les trois photos de l'anniversaire de Yulia sont toutes les trois des photos où les couleurs ont été volontairement saturées. De fait, il n'y a aucun dégradé dans les couleurs. Divers éléments le prouvent. D'abord, les teintes blanches sont flamboyantes, voire agressives pour les yeux, et se confondent en un unique blanc dont la luminosité est aussi forte que celle d'un néon. Ensuite, les rouges orangés sont criards. De plus, les visages ressortent prématurément vieillis, soit entièrement rubiconds, couperosés, soit alternent les plaques de couleur rouge écarlate avec celles du blanc perçant, comme s'il y avait des tartines de maquillage irrégulier. Enfin, il n'y a aucune ombre sur ces photos.
Ces éléments, que l'on retrouve dans les trois photos de l'anniversaire de Yulia, montrent qu'on les a volontairement saturées avant de les balancer sur le net. Or, la saturation est une technique que l'on emploie lorsque l'on veut enlaidir la personne photographiée [7]. Saturer des photos de Lena et Yulia et les balancer sur le net signifie alors que l'on souhaite leur nuire.
L'une des grandes difficultés avec le groupe Taty est d'obtenir des documents sur elles. Lorsqu'on les a enfin obtenus, on a tendance à les accepter tels quels, parce qu'il y a trop longtemps qu'on les attend. Or, tout le problème est que ces documents sont souvent déformés, détournés de leur sens premier. Avant de les transmettre, il faut donc faire preuve d'une extrême vigilance afin de ne pas participer involontairement à cette désinformation organisée. Le coup d'aujourd'hui n'a pas franchement de conséquences particulièrement graves [8], mais demain, ces mêmes personnes pourraient faire circuler des photos truquées carrément nuisibles.